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La Gazette des Terroirs



N° 10 Novembre - Décembre 2004



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À la découverte
des chasses
traditionnelles
dans le Sud-Ouest

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Un peu d'histoire



ette alouette est un appelant. Choisis parmi les plus jolis mâles et surtout les meilleurs chanteurs. Les appelants ou appeaux étaient, avec l'emplacement, les responsables de l'échec ou du succès de la partie de chasse, car leur présence et leur chant mélodieux servait à attirer, leurs congénères vers les pièges. Sans aucun lien.
Crédit photos S. Lacroix
Cette alouette, choisie parmi les plus jolis mâles et surtout les meilleurs chanteurs, sert d'appelant. Les appelants, ou appeaux, étaient, avec l'emplacement, les responsables de l'échec ou du succès de la partie de chasse car leur présence et leur chant mélodieux servaient à attirer leurs congénères vers les pièges.

À la découverte des chasses traditionnelles dans le Sud-Ouest.
Dans le Sud-Ouest, les habitants des campagnes ont de tout temps pratiqué la capture des oiseaux migrateurs. Tant dans la vaste lande qu'en bordure de forêt, ils firent preuve d'ingéniosité pour mettre au point diverses techniques de piégeage afin de déjouer la méfiance des passereaux.

Aujourd'hui interdite, la chasse "aux crins", sorte de collet fait à base de crins de cheval, permettait notamment la capture des alouettes. Le chasseur choisissait des champs ensemencés de sarrasin, de seigle ou de millet, lieux de prédilection des passereaux en migration. Il aménageait ensuite des passages entre les sillons, afin d'obliger les alouettes à se diriger vers les crins.

Une autre technique, "la sedrade", était utilisée pour la capture des passereaux friands des baies de couleurs vives dont se chargent certains arbustes, à l'image du houx, et qui poussent en lisière de forêt. La "sedrade", nom gascon de la ronce, se composait d'un brin de ronce fraîchement coupée. Ce dernier, plié de façon à former un cadre, comportait plusieurs collets en crins de cheval. Le piège était alors camouflé au milieu des arbustes, dans l'attente des migrateurs.
La bécasse, autre migrateur très prisé, était piégée à l'aide de la "ligne". Basé sur le principe du trébuchet, le balancier de ce piège était réalisé avec une branche de noisetier. La base la plus grosse était alors fichée dans le sol. L'autre extrémité comportait un collet confectionné à l'aide de crins de cheval. La branche était ensuite pliée. Un astucieux système de fourches en bois de bourdaine recevait une pièce de bois, placée en butée sur l'extrémité de la ligne. La bécasse, prise dans le collet tentait de se dégager. Ses mouvements désordonnés actionnaient alors la butée, libérant le mécanisme. La "ligne" se relevait brutalement provoquant la mort par pendaison.

À l'inverse, la matole, piège réalisé en grillage et en bois, permettait de capturer les passereaux vivants. Son fonctionnement était basé sur le principe d'un levier placé en équilibre instable. L'oiseau picorait les graines déposées sous le piège. Ces dernières dissimulaient le mécanisme qui se déclenchait au moindre coup de bec, entraînant le basculement de la cage. Cette pratique visait surtout l'ortolan qui était ensuite engraissé, puis vendu aux restaurateurs.
Le chasseur à la matole devait avant tout repérer "les passages" choisis par les migrateurs". Puis il y installait ses cages, à un mètre ou un mètre cinquante les unes des autres.
Certaines contenaient des passereaux vivants, dénommés "appelants", choisis parmi les plus jolis mâles et surtout les meilleurs chanteurs. Ils étaient, avec l'emplacement, les responsables de l'échec ou du succès de la partie de chasse, car leur présence et leur chant mélodieux servaient à attirer leurs congénères vers les pièges.

Reportage réalisé par Stéphane Lacroix

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