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La Gazette des Terroirs



N° 24 Mars - Avril 2007



Sommaire

Escapades en
Oléron

La pêche à
l'écluse.

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Un peu d'histoire


Photo d'un Le "bouchot" comporte une grille qui permet la vidange des eaux mais bloque la sortie aux poissons. Les concessionnaires de l'écluse peuvent alors procéder à la récolte. Sans aucun lien.
Crédit photos S. Lacroix
Les écluses à poissons ressemblent à un fer à cheval dont les extrémités seraient adossées à la plage. La partie qui fait face à l'océan comporte de hauts murs de pierre. À marée haute, les poissons sont attirés par la nourriture abondante présente dans le fond marin de l'écluse. À marée basse, tout à leur affaire, ils ne voient pas le piège se refermer dans l'écluse. Vers le milieu de la marée la hauteur des murs est suffisante pour guider l'eau vers le "bouchot", une ouverture pratiquée à l'autre extémité de l'écluse. Le "bouchot" comporte une grille qui permet la vidange des eaux mais bloque la sortie aux poissons. Les concessionnaires de l'écluse peuvent alors procéder à la récolte.

L'écluse à poissons, une construction astucieuse.
L'île d'Oléron est un véritable petit paradis. Avec ses 175 km2, elle est la plus grande île de France sur la côte atlantique. Dotée d'un climat très clément, d'une grande variété de paysages, de longues plages de sable, elle suscite la curiosité.

L'île dont le point culminant, la dune de Saint Trojan s'élève à 34 mètres est séparée du continent par le "Coureau" et le détroit de Maumusson. Depuis le pont, le visiteur peut admirer le fort du Chapus, les fortifications du Château, le site de Saint-Trojan et le ballet des bateaux chargés d'huîtres dont les fameuses "claires" produites sur d'anciens marais salants. La culture de l'huître ne commença qu'au 19ème siècle sur la côte ouest de l'île, de Boyardville à Saint-Trojan. Auparavant elles étaient récoltées sur les bancs rocheux et simplement verdies dans des claires. Au 17ème siècle, les fameuses huîtres vertes ravissaient déjà le roi Louis XIV qui en était très friand.

Les habitants de l'île d'Oléron vivaient aussi d'une forme de pêche commune aux habitants des côtes de la Manche et du littoral Atlantique, "l'écluse à poissons". En raison de la présence d'un estran rocheux, cette zone littorale découvrant à marée basse et de forts courants de haute mer, les Oléronais ne pouvaient pratiquer la pêche traditionnelle à l'aide de filets. Ils construisirent donc des murs de pierres qui à la manière d'un filet empêchaient le poisson de s'échapper à marée descendante.

Leur disparition progressive, depuis le XIXème siècle, entraîne une érosion et une modification importante du littoral qu'elles protégeaient autrefois.
Ce mode de pêche est astucieux. Dans la foue, l'espace intérieur délimité par les deux bras de l'écluse plusieurs murets en pierre forment les zones de pêche qui communiquent entre elles par des ouvertures, appelées les pas. Ces pas se ferment avec des grilles pour faciliter la prise du poisson qui, sans méfiance, est venu s'y réfugier, après s'être nourri dans le haut du "platin" de l'écluse.

Autrefois certaines écluses possédaient une foue haute et une foue basse offrant ainsi la possibilité de pêcher à des coefficients de marée différents.
Une écluse comprend aussi des évacuations, les "boucheaux" qui sont fermés par des grilles constituées de tiges de fer maintenues par des traverses en bois ou en fer, les "contre-talères" ou "traversiers". Les bouchots permettent à la mer de se retirer rapidement bloquant ainsi toute retraite aux poissons lors de la marée descendante. Pour protéger ces ouvertures, le mur est souvent renforcé intérieurement et extérieurement par des pierres longues posées à plat qui constituent les "ailes" du boucheau.
La pêche à l'écluse repose sur des règles bien précises. Le chef d'écluse détermine le tour de pêche de tous, en fonction du nombre de pans d'écluse, comme il surveillera d'ailleurs que chacun assure bien ses réparations. Il veille à ce que l'équipe ne soit pas en multiple de sept pour que les tours ne tombent pas toujours sur les mêmes membres en maline (grande marée) ou en mort d'eau (faible coefficient) et que tous puissent profiter d'une marée de nuit et d'une marée de jour.

Reportage réalisé par Stéphane Lacroix

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