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La Gazette des Terroirs



N° 12 Mars - Avril 2005



Sommaire

Petites mains en confection pour vêtement de travail.
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Un peu d'histoire

Rubrique histoire
La confection des vêtements de travail.
Autrefois, porter costume nécessitait de se rendre chez un tailleur, le prêt à porter n'existait pas. Le monde rural, tout comme les ouvriers utilisaient alors des costumes de travail en velours ou en moleskine, dont la solidité était à toute épreuve.

Deux matières sont au centre de la confection des vêtements de travail traditionnels, le velours(1) et la moleskine(2). Avec ces deux types de tissus, le maître-tailleur réalise à l'aide d'un patron, un ensemble comprenant le pantalon, la veste ou vareuse et le gilet-tailleur. La veste est dite coletin et le pantalon ou largeot(3) demi-ballon. L'ensemble en moleskine se porte de préférence en été.
Les largeots sont des pantalons à tirant et à boucle de serrage dans le dos. La forme demi-ballon du pantalon permet aux compagnons charpentiers de ne pas accrocher le bas de leur pantalon aux morceaux de liteaux cloués sur les toits.

Ces mêmes pantalons bénéficient de boutons au niveau de la ceinture, ceci afin d'utiliser les fameuses bretelles(4) à tresse et à parement en cuir de nos grands-pères, comme la dénommée "Hercule".
Madame Andrée Buciek-Cap ne fait que du sur mesure. Le client se rend à l'atelier pour se faire prendre les mesures. Puis toutes les tâches de la confection seront réalisées à la main, de la découpe sur patron, à l'assemblage. La couture se fait sur machine, mais là encore c'est la couturière qui dirige.

Beaucoup de ses clients utilisent ces vêtements dans le cadre de leur travail, à l'image des Compagnons du tour de France (charpentiers, menuisiers, tailleurs de pierre, ferronniers). Mais aujourd'hui, ce sont aussi des médecins, des architectes, ou des gens de la terre qui apprécient de s'habiller avec des produits de belle qualité. Jusqu'aux membres de la maréchaussée qui viennent se faire tailler leurs costumes militaires.


Etoffe de velours

Le velours(1) vient du mot latin "villosus" qui signifie velu. Cette étoffe présente sur l'endroit des poils courts et serrés qui cachent l'armure, visible seulement à l'envers. Le velours peut être fabriqué en soie, en coton, en laine, en chanvre ou en jute. Les velours s'obtiennent soit en ajoutant une chaîne supplémentaire, dite chaîne de poil, qui, en bouclant, forme l'effet de velours (le velours obtenu est dit "par chaîne"), soit en utilisant certaines conduites de la trame pour former ce même effet (le velours obtenu est dit alors "par trame"). Connu au Moyen-Age sous le nom de "samit", il était jusqu'au XVIIIème fabriqué par chaîne. En 1720, les Anglais inventent le velours par trame plus résistant. La gamme des velours comprend 6 grandes familles : les unis, les milleraies, les cannelés, les cordelets, les joncs et les câbles.

La moleskine(2), qui vient de l'anglais "mole" : la taupe et "skin" : la peau, est un satin de coton serré et croisé, lourd, très utilisé autrefois dans la confection de vêtements de travail pour, notamment, sa grande résistance à l'abrasion.

Le "largeot"(3) fut inventé par Adolphe Lafont qui en déposa le brevet en 1896. C'est un pantalon de travail, de forme très large, évasé au niveau de la cuisse et rétréci sur le mollet. Il se déclinait en différentes couleurs selon les différents corps de métier qui le portaient : noir pour les charpentiers et les couvreurs, marron pour les menuisiers et beige pour les tailleurs de pierre.

(4)Si l'usage de la bretelle et sa fabrication semblent remonter à Henri III, ce n'est que sous la révolution qu'elle a véritablement été inventée et sa mode s'est surtout développée au cours du XIXè siècle jusqu'à nos jours.
Les premiers métiers à fabriquer les bretelles étaient en bois et furent mis au point par deux français de Rouen, Duval et Gosse. En 1826, un autre français, Antheaume, qui n'était qu'un tisserand, a imaginé les tissus "creux tubulaires". Il construisit un "métier à six bandes" qui, combiné avec l'utilisation de fils caoutchouc importés d'Angleterre, permit la fabrication de bretelles élastiques. Depuis lors, cette industrie n'a cessé de réaliser de gros progrès, tant sur le plan de la fabrication que sur celui de la création et, au gré des modes, elle a pu se transformer en véritable ustensile de décoration.

Source

(1) & (2) "Le Laboureur", atelier de fabrication Digoin France.

(3) "Le vêtement, création, conception, fabrication" par Marie-Noëlle Boutin-Arnaud et Sandrine Tasmadjian, Paris : éd. Nathan, 1997.

(4) "Les Industries de l'Habillement" par Jean Allilaire, 1947




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