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La Gazette des Terroirs



N° 26 Juillet - Août 2007



Sommaire

Escapades
architecturales
en Meuse
Le château
de Commercy
abrita le roi Stanislas
Leszczynski.

La chapelle de Menoncourt
et sa source miraculeuse.

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Un peu d'histoire

Rubrique histoire
Au milieu du XVIIIe siècle, dans le château de Commercy, le roi Stanislas recevra bien des hôtes de marque. Louis XV, son gendre, madame du Châtelet, Voltaire, et Montesquieu feront de Commercy un haut-lieu de l'histoire de France.
Le premier château de Commercy construit en bois disparut dans les flammes au cours d'une manoeuvre guerrière. Reconstruit en pierre, l'édifice féodal, à l'exception des parties basses, disparaitra sous les constructions effectuées au XVIIe et au XVIIIe siècles.

En 1662, le Cardinal de Retz, dernier homme à porter le titre de "Damoiseau", nom donné au possesseur de la seigneurie de Commercy, fit raser l'étage supérieur des tours afin d'aménager le triste château de l'époque en demeure de plaisance. C'est là qu'il composa ses célèbres Mémoires. La ville de Commercy, tiraillée par deux seigneuries, possédait de fait deux châteaux : le "château-bas" qui a disparu en 1722 avec la réunification des deux seigneuries et le "château-haut" qui prit, au milieu du XVIIIe siècle, le nom de "château Stanislas" et qui joua un rôle fondamental dans l'histoire de Commercy sur les plans politique et culturel. Des réajustements eurent lieu lors des périodes paisibles mais le château resta forteresse et fut assiégé par Charles Quint en 1544 puis par les Lorrains et les Français pendant la Guerre de Trente Ans et la Fronde; il fut pris définitivement par les Français en 1652.

Au début du XVIIIe siècle la principauté de Commercy passe sous l'autorité de Charles Henri de Lorraine, comte de Vaudémont, petit cousin du duc Léopold. Une grande partie du château ainsi que les constructions voisines sont rasées et sur l'emplacement s'élève une construction de type classique; ces travaux sont réalisés sous l'égide de Germain Boffrand(1). Face au château s'élèvent alors les divers immeubles constituant la place du Fer-à-Cheval. En 1737, Commercy fut érigée en principauté viagère à l'intention d'Elisabeth-Charlotte d'Orléans, appelée "Madame Royale", veuve de Léopold, dernier duc de Lorraine.

Au cours de son séjour de sept années à Commercy, elle apporta quelques modifications dans la disposition intérieure du château et fit aménager et embellir l'avenue d'Orléans, aujourd'hui avenue Stanislas. A la mort de Madame Royale en 1744, Stanislas, duc de Lorraine et beau-père du roi de France Louis XV, prend possession de la principauté de Commercy. Il sollicite l'architecte lorrain(2) Emmanuel Héré et lui commande l'agrandissement et surtout l'embellissement du château pour en faire une résidence d'agrément et de chasse. Les travaux prennent fin en 1747. Les deux ailes latérales furent doublées en longueur mais en rez-de-chaussée seulement et réunies ensuite à la place du "Fer-à-Cheval" par deux légères constructions en arc destinées à masquer les écuries.

La plus belle réalisation de Stanislas fut certainement le jardin à la Française qui s'étendait jusqu'au pavillon royal dit "Château d'eau". Ce jardin était célèbre pour la beauté de ses eaux, ses parterres, ses allées garnies d'orangers et d'arbres fruitiers et ses bassins. Aux époques de présence de la cour de Stanislas régnait au château une ambiance de fêtes, chasse et bonne chère. Voltaire fut l'un des plus célèbres hôtes de Stanislas. A la mort de Stanislas en 1766, Louis XV ordonne la vente du mobilier et l'abandon de tous les abords du château qui devient un quartier de cavalerie. Jusqu'en 1940, il eut une affectation militaire et servit de caserne à divers régiments, d'intendance, de centre mobilisateur et de logement de sous-officiers. Le 31 août 1944 lors de l'arrivée des Américains, un incendie détruisit le château duquel il ne resta que des ruines.

En 1957 le Conseil Municipal décida l'achat aux Domaines des ruines du château pour la somme de 1.000 F. Le château a été classé et restauré dans sa totalité par les "Beaux-Arts". Cette restauration a été achevée en 1977. Il abrite aujourd'hui les services de la mairie, la bibliothèque municipale et diverses administrations. Sur le plan économique, Commercy a été dès le Moyen Age un centre urbain attractif, le marché régional qui subsiste aujourd'hui en est le meilleur exemple. La ville devint rapidement un centre administratif et industriel. Des moulins s'établirent dès le XIIe siècle, puis des tanneries au XVIe siècle et enfin des forges qui connurent une grande prospérité au XIXe siècle. Les deux premières activités disparurent à la fin du XIXe.

En 1748, Voltaire, hôte de Stanislas, découvrit le manque de vertu de la Marquise du Châtelet, sa maîtresse et égérie. Cette dernière s'était laissé gagner par le charme et les qualités du jeune capitaine et poète Marquis de Saint-Lambert. Voltaire les surprit dans les bras l'un de l'autre. Humilié et blessé dans son orgueil et sa vanité, le philosophe perdit toute retenue et tenta de venger son honneur en se précipitant sur son rival avec sa canne. Ce dernier, plus jeune, eut vite fait de prendre le dessus. Voltaire s'en sortit grâce à l'intervention opportune de la Marquise de Boufflers, reine de la Cour de Stanislas et amie de la Marquise du Châtelet.

Après cet événement, un laquais séjourna à la porte des appartements pour que personne ne pût entrer sans s'être fait annoncer. La Marquise volage s'est expliquée en rappelant à Voltaire qu'il se plaignait d'être malade et manquait de force et puisqu'il ne pouvait continuer à assouvir les ardeurs de sa maîtresse, il fallait bien qu'un de ses amis le supplée. Voltaire en convint mais eût préféré que les choses ne se fussent pas passées sous ses yeux. Il quitta la ville en la maudissant, se jurant de ne plus y revenir, mais le temps aidant et la rage effacée, il retrouva sa philosophie et sa sagesse et revint encore à Commercy.

Quand Stanislas hébergeait Voltaire.

En 1748, Voltaire, hôte de Stanislas, découvrit le manque de vertu de la Marquise du Châtelet, sa maîtresse et égérie. Cette dernière s'était laissé gagner par le charme et les qualités du jeune capitaine et poète Marquis de St-Lambert. Voltaire les surprit dans les bras l'un de l'autre. Humilié et blessé dans son orgueil et sa vanité, le philosophe perdit toute retenue, et sa philosophie. Il tenta de venger son honneur en se précipitant sur son rival avec sa canne. Ce dernier, plus jeune, eut vite fait de prendre le dessus. Voltaire s'en sortit grâce à l'intervention opportune de la Marquise de Boufflers, reine de la Cour de Stanislas et amie de la Marquise du Châtelet.

Après cet événement, un laquais séjournait à la porte des appartements pour que personne ne pût entrer sans s'être fait annoncer. La Marquise volage s'est expliquée en rappelant à Voltaire qu'il se plaignait d'être malade et manquait de force et puisqu'il ne pouvait continuer à assouvir les ardeurs de sa maîtresse, il fallait bien qu'un de ses amis le supplée. Voltaire en convint mais eût préféré que les choses ne se fussent pas passées sous ses yeux. Il quitta la ville en la maudissant, se jurant de ne plus y revenir, mais le temps aidant et la rage effacée, il retrouva sa philosophie et sa sagesse et revint encore à Commercy.


Germain Boffrand.

Germain Boffrand(1)voit le jour à Nantes le 16 mai 1667 et décédera à Paris le 19 mars 1754. Ce fils d’architecte fut introduit dans les milieux parisiens, ainsi qu’à la cour de Versailles, par son oncle le poète Philippe Quinault. Lettré, artiste, mais intéressé aussi par les procédés de construction, la coupe des pierres, la métallurgie et les nouvelles technologies (les projets de machine à vapeur pour l’élévation des eaux), il entre dans l’agence de Mansart dont il fut un collaborateur apprécié, à l’Orangerie de Versailles puis à la place Vendôme. Après avoir quitté les Bâtiments du roi en 1699, il chercha à Paris sa première clientèle.

Le duc Léopold de Lorraine en fait son architecte et lui demande la reconstruction de son château de Lunéville (1708-1709), si dramatiquement ravagé par l’incendie de janvier 2003. Suivent le château de la Malgrange, celui de Commercy, ainsi que le château d’Haroué bâti pour le prince de Beauvau (1710), et de nombreux hôtels particuliers à Nancy. Le duc Max-Emmanuel de Bavière lui commande les plans d’un pavillon de chasse (Bouchefort), l’évêque de Würzburg des dessins pour son palais épiscopal. Apprécié pour sa culture, son commerce agréable et sa force d’âme, Boffrand eut le bonheur de pouvoir publier ses œuvres, gravées dans un Livre d’architecture qui parut en 1745, et dans lequel il était conscient de délivrer son message. Son collègue Patte a fait ainsi son éloge : « Autant les idées de Boffrand étaient nobles et élevées, autant sa manière de penser était noble et désintéressée ».



Emmanuel Héré.

Léopold, Emmanuel Héré de Corny voit le jour à Nancy le 12 octobre 1705 et décédera à Lunéville le 2 février 1763. Fils d’un fonctionnaire du duc de Lorraine, Léopold, Emmanuel Héré est élève de l’architecte Germain Boffrand avant de travailler pour Stanislas Leszczynski, roi de Pologne et duc de Lorraine, qui, animé par une frénésie de bâtir, lui confie la réalisation de très nombreux ouvrages en Lorraine et tout particulièrement à Nancy.

À la fin des années 1730, Héré édifie les bâtiments des bosquets du château de Lunéville, exemples remarquables de la fantaisie inspirée de l’Orient où Stanislas a séjourné durant ses années d’exil. Le kiosque turc, le pavillon du trèfle chinois, le hameau avec son moulin et ses automates mus par le mouvement de l’eau ou le pavillon de la cascade ont tous impressionné durablement les hôtes de marque accueillis par Stanislas : son gendre Louis XV et sa famille, Voltaire et madame du Châtelet, Montesquieu. Lorsqu’il construit le château de La Malgrange, aux portes de Nancy, Emmanuel Héré le recouvre en partie de porcelaine, accentuant ainsi le pittoresque qu’il a déjà développé dans l’aménagement du château de Commercy ou la rénovation du château de Chanteheux.

La première grande réalisation religieuse d’Emmanuel Héré est l’église de Notre-Dame de Bonsecours à Nancy, construite entre 1738 et 1741, destinée d’une part à accueillir la Vierge réalisée par Mansuy Gauvain pour René II après sa victoire sur les Bourguignons en 1477, d’autre part à recevoir les cénotaphes du duc Stanislas et de son épouse, Catherine Opalinska. Le classicisme mesuré et élégant de la façade, surmontée d’un clocher bulbeux, contraste avec la décoration intérieure de la nef, influencée par l’art d’outre-Rhin, dont la voûte est couverte des fresques du peintre Joseph Gilles dit le Provençal.

Entre 1750 et 1755, Emmanuel Héré réalise son chef-d’œuvre : la place Stanislas. Cet ensemble monumental est un des exemples les plus remarquables du XVIII
è siècle d’architecture édilitaire. Autour de la place Royale (aujourd’hui place Stanislas), Héré dessine la place Saint-Stanislas (aujourd’hui place d’Alliance) et modifie la place de la Carrière. L’équilibre remarquable de l’architecture de la place Stanislas, animée par des sculptures d’inspiration rocaille, est scandé par les superbes ferronneries dues à Jean Lamour. Dans les deux angles, faisant face à l’hôtel de ville, se trouvent les fontaines de Neptune et Amphitrite du sculpteur Barthélémy Guibal. L’œuvre de Héré est un exemple exceptionnel de l’élégance et du raffinement d’une architecture où se croisent les influences du classicisme français et du baroque d’outre-Rhin. L’ensemble est classé au patrimoine mondial par l’U.N.E.S.C.O.

Anobli par Stanislas en 1751, Emmanuel Héré meurt ruiné en 1763 à la suite d’investissements malheureux dans une fabrique d’amidon. Il résuma les principaux monuments de sa carrière dans les Plans et élévations de la place Royale de Nancy, ouvrage publié à Paris en 1753, et dans le Recueil de plans, élévations et coupes des châteaux, jardins et dépendances que le roi de Pologne occupe en Lorraine (en 1756).

(1) Source : http://www.culture.gouv.fr
par Jean-Pierre Babelon membre de l’Institut


(2)Source : http://www.culture.gouv.fr
par Blandine Chavanne conservateur du patrimoine directeur du musée des Beaux-Arts de Nancy


(3)Source : http://jacmul.club.fr
L'histoire du château Stanislas



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